Poisson

La surpêche

Plus de 90% des stocks de poissons de mer sont pleinement exploités dont 30% sont carrément surexploités (FAO 2011). Une amélioration a été observée ces 5 dernières années. Cependant la consommation mondiale de produits de la pêche ne cesse d’augmenter, passant d’une moyenne de 9,9kg par personne en 1960 à 18,9kg par personne en 2010. Compte tenu de la croissance démographique, au rythme actuel, les océans pourraient être vidés de leurs ressources halieutiques dès 2048. En Europe, plus d’un poisson d’eau douce sur trois est menacé d’extinction.

Les avancées techniques permettent d’extraire des poissons de zones de plus en plus lointaines et profondes, autrefois inatteignables. De plus, certaines méthodes sont très peu sélectives et très destructrices des habitats sensibles où se reproduisent les poissons. Les mers se vident des poissons que nous mangeons mais également de toutes autres sortes d’animaux qui meurent dans les filets de pêche chaque année. Des millions de poissons juvéniles ou sans valeur commerciale sont pêchés par accident pour ensuite être jetés par-dessus bord, souvent morts. En vue de mettre un terme à cette pratique inutile, les députés européens ont opté pour l’obligation des navires de pêche à débarquer à terre toutes leurs captures.

Dès 2015, les « rejets » seront donc inclus dans les quotas de pêche, cela incitera à l’utilisation de méthodes plus sélectives. Afin de mettre en œuvre cette nouvelle réglementation, le Fonds Européen pour les affaires maritimes et la pêche aidera les pêcheurs à se conformer aux nouvelles règles en soutenant les investissements dans des engins de pêche plus sélectifs ou des équipements facilitant la gestion, le débarquement et la conservation des captures non désirées. Les pêcheries vont déjà dans ce sens et investissent de plus en plus dans du matériel plus sélectif. Vliz et Ifremer, deux associations œuvrant pour la cause marines, font actuellement des recherches pour valoriser ces poissons de « rejets ».

Retrouvez les différentes techniques de pêche ici.

Une autre cause de la surpêche est les quotas de pêche trop élevés /ou non respectés. Prenons l’exemple du thon rouge (thunnus thynnus) : en 2008 l’Union européenne a fixé des quotas trois fois plus élevés que les recommandations scientifiques. Là encore, l’Europe a fait de gros progrès, les États Membres de l’UE ne sont plus autorisés à fixer des quotas trop élevés pour être durables. Les pêcheurs ne pourront pas pêcher plus que ce qu’un stock donné peut produire en une année déterminée. Dix Etats membres, dont la Belgique, ont d’ailleurs déjà été sanctionnés cette année.
Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le poisson est une ressource mondiale et que le cadre législatif n’est pas simple à fixer ni encore moins à faire respecter.

Et maintenant

Une des conséquences directes de la surpêche est la disparition des espèces. Malgré leur capacité naturelle de renouvellement, les espèces marines peuvent être anéanties par une pêche trop intensive. L’exemple le plus célèbre est, une fois encore, celui du thon rouge de Méditerranée (thunnus thynnus), actuellement à la limite de l’extinction. La disparition d’espèces prédatrices telles que le thon entraine un déséquilibre dans la chaine alimentaire et mène à la prolifération d’autres espèces telles que les méduses.

La surpêche entraîne également une baisse de la production halieutique qui n’est pas sans incidence sur les plans économique et social, surtout dans les pays du Sud. En effet, le poisson est la source principale de protéines animales pour 950 millions de personnes. L’océan est le moyen de subsistance de 200 millions de personnes. Les conséquences sociales pourraient être dramatiques. Jamais auparavant les populations n’avaient dépendu si fortement de ce secteur pour leur bien-être.

D’après les estimations de la FAO, si nous laissons les stocks de poissons se régénérer, la production s’améliorera de 16,5 millions de tonnes et les recettes annuelles de la pêche augmenteront de 32 milliards de dollars. Cela accroitra la contribution des pêches marines à la sécurité alimentaire, aux économies nationales et au bien-être des populations côtières.

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