Poisson

La pêche durable

Malgré une situation très préoccupante de l’état des mers et des océans, de réels efforts sont mis en place. Le rétablissement des écosystèmes marins est possible si des actions sont mises en œuvre mais aussi grâce aux hommes et aux femmes qui travaillent de manière durable dans le secteur de la pêche.

Toujours pour aller dans ce sens, dès le 13 décembre 2014, une nouvelle réglementation européenne va venir renforcer les exigences en termes d’informations sur les conditions de pêche. En plus de la zone FAO27,la zone CIEM (plus précise) devra être spécifiée. De plus, la technique de pêche devra également être spécifiée mais celle-ci reste cependant encore trop évasive.

Des exemples d’améliorations se multiplient, comme c’est le cas pour la mer du Nord, pour laquelle les populations de plies, de soles, de turbots et de barbues augmentent. Le nombre de plies a même atteint un nombre record depuis 1957. Cette hausse serait réalisée grâce à une politique de pêche durable et aux pêcheurs qui utilisent des techniques de pêche plus ciblées.

Une diminution de la surpêche a été enregistrée dans les eaux européennes de l’océan Atlantique, en mer du Nord et en mer Baltique. En ce qui concerne les stocks (zone CIEM + espèce) pour lesquels des évaluations du rendement maximal durable sont disponibles, la surpêche est en baisse ; elle concernait 94 % des stocks en 2003, 63 % (30 stocks surexploités sur 35 stocks évalués) en 2009 et 41 % (19 stocks sur 46) en 2012.

Le nombre de stocks évalués, et donc le nombre de données augmente chaque année, ce qui prouve l’intérêt croissant pour cette problématique.

La pêche non durable n’est donc pas une fatalité, et nous avons un rôle à jouer lors de nos achats de produits de la mer.

Qu’est-ce que la pêche durable ?

La pêche durable, c’est une pêche qui répond à nos besoins sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elle doit permettre à l’espèce pêchée de maintenir sa population à un niveau correct et elle ne doit pas avoir d’effets négatifs sur les autres espèces animales et végétales. Une pêche durable est une pêche gérée selon une approche écosystémique, qui aide à protéger les habitats et les espèces sensibles et qui maintient la biodiversité associée. C’est une pêche utilisant des méthodes sélectives. Les pêcheries doivent respecter des méthodes socialement et économiquement équitables et responsables et assurer une traçabilité complète de tous leurs produits depuis la zone de capture jusqu’au point de vente.

Les solutions

Il est essentiel de favoriser la pêche durable à travers nos achats. Les labels sont notamment là pour nous aiguiller, mais pas seulement, une série d’informations peuvent nous aider à faire des choix, mais c’est aussi en changeant vos habitudes que vous pourrez agir sur la préservation des ressources halieutiques.

Attention ! Pour glaner les informations qui suivent, il vous faudra un peu de patience et de persévérance. En effet, elles se trouvent souvent au verso de la barquette de poisson ou en tout petit sur le sachet de surgelés. Si vous allez chez le poissonnier, posez-lui vos questions.

1) L’espèce du poisson

Le nom latin de l’espèce ainsi que son nom usuel, c’est le minimum que vous devriez retrouver sur l’étiquette ou que votre commerçant devrait pouvoir vous fournir. Cette indication vous permettra premièrement d’identifier si l’espèce se trouve sur la liste rouge et deuxièmement d’éviter certaines espèces dont les stocks sont surexploités (information à croiser avec l’origine).

Le nom latin sera votre salut dans la chasse aux poissons durables. En effet, le nom usuel des poissons est parfois très ambigu, par exemple, la morue est en réalité du cabillaud, on appelle parfois la perche du Nil ; Bar Victoria, la lotte et la baudroie sont les mêmes poissons, etc.

2) L’origine du poisson

Les stocks de poissons dépendent de l’endroit de pêche. Pour une même espèce, les stocks peuvent être très bas dans une mer et acceptable dans une autre.

Actuellement, la législation impose la zone FAO, ce qui signifie que pour les poissons européens, vous ne retrouverez souvent pas plus que FAO 027, c’est-à-dire, l’Atlantique Nord Est, autrement dit l’Europe. Cette règlementation va changer en décembre 2014, la zone CIEM sera également exigée, celle-ci étant beaucoup plus précise. Mais ceci n’est pas sans mal pour les professionnels de la pêche … Cela prendra donc certainement un peu de temps avant d’être complètement acquis.

De manière générale, préférez des produits de la mer pêchés localement ou qui n’ont pas parcouru la moitié de la terre pour arriver dans votre assiette.

Vous soutiendrez les pêcheurs locaux, et vous contribuerez aussi à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports. Vous serez également plus sûrs des conditions de travail du personnel et bien entendu de la fraîcheur des produits.

De manière générale, les produits surgelés proviendront de plus loin (ex : le Colin d’Alaska), faites également attention à la mention « ne pas recongeler sur des poissons comme le Tilapia (photo) et le Pangasius, tous deux provenant des mers chaudes d’Asie et ayant subit une congélation.

3) La technique de pêche

Préférez les produits de la mer issus d’une pêcherie n’utilisant pas de méthodes non sélectives et destructrices. Préférez les poissons issus de méthodes de pêche plus durables comme la pêche à la ligne ou la pêche aux casiers ; préférez également les petits bateaux.

Actuellement, les seules informations disponibles sont le mode de production, autrement dit ; pêche en mer, pêche en eau douce ou aquaculture.
A partir de décembre 2014, les techniques de pêche seront aussi obligatoires.

4) La saison

De manière générale, évitez de consommer les poissons pendant leur période de frai (la période de reproduction). Cependant cette recommandation n’est pas toujours évidente, la période variant en fonction du lieu de pêche, rendant difficile la compilation d’un calendrier des saisons. A retenir du moins, pour les poissons plats, le choix est facile, leur goût n’est pas du tout agréable lors de leur période de frai.

Il existe cependant des exceptions, comme le Skrei de Norvège (photo). Ce cabillaud est pêché pendant sa période de frai mais il reste durable et équitable, les stocks étant bons et sa pêche se faisant uniquement avec de petits bateaux très contrôlés.

5) La taille

La taille est cruciale dans le choix du poisson que vous allez consommer, un poisson considéré comme durable aujourd’hui pourrait ne plus l’être demain si la pêche vise aussi les petits spécimens et empêche la reproduction.

S’il vous arrive de consommer du poisson entier, n’achetez pas de poissons de trop petites tailles. Il faut que celui-ci ait atteint sa taille minimum de maturité sexuelle pour se reproduire et perpétuer les stocks. Celle-ci est encore malheureusement souvent différente de la taille réglementaire.
Cependant, vous pouvez toujours éviter d’acheter ou de commander de la Solette et de la Civelle.

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