Marché international

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Avec l’occupation d’un cinquième des terres cultivables de la planète, c’est la première culture céréalière mondiale et le deuxième aliment le plus consommé par l'homme, après le riz.

Ces dernières années, une part de plus en plus importante du blé récolté sert à l’alimentation animale et aux agrocarburants. Avec 600 millions de tonnes cultivées annuellement et échangées sur les grandes places boursières mondiales, le marché du blé illustre bien les mécanismes et les dérives du système agroalimentaire tel qu’il s’est développé internationalement ces soixante dernières années.

Cultivation

Dans les pays industrialisés où il est majoritairement cultivé, le blé fait l’objet d’une agriculture intensive, c’est-à-dire qui tend à maximiser et accroître continuellement les rendements, la plupart du temps sans se préoccuper des impacts écologiques et sociaux. Le « rendement », c’est la quantité produite par rapport à la surface cultivée. En agriculture intensive, les rendements du blé ont doublé ces trente dernières années, principalement par la mécanisation, l’apport de produits de synthèse (engrais, pesticides, etc.) et la sélection des semences.

Grâce à cette culture intensive, l’Union européenne est aujourd’hui le premier producteur mondial, devant la Chine, l’Inde, la Russie et les Etats-Unis (par ordre décroissant). La France – championne de l’utilisation des produits de synthèse – et l’Allemagne sont les plus gros producteurs européens et se targuent de rendements de production très élevés. 

Exportateurs

Au niveau mondial, les trois principaux pays exportateurs de blé sont les Etats-Unis (plus de 20%), la France (1er exportateur européen) et le Canada. Une quarantaine de pays importent plus d’un million de tonnes de blé par an. L’Egypte et l’Algérie sont les plus gros importateurs. La Belgique compte, elle aussi, parmi les principaux pays importateurs, au treizième rang mondial. Nous importons plus de la moitié du blé panifiable que nous consommons, principalement de chez nos voisins, l’Allemagne et la France, premiers producteurs européens.

Importateurs

Plusieurs pays en développement, et notamment des pays africains, sont de gros importateurs de blé, avec l’Egypte et l’Algérie en tête de classement au niveau mondial. Début mars 2012, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estimait que les pays les plus pauvres et en déficit alimentaire devraient consacrer près de 33 milliards dollar à l’achat de céréales sur le marché mondial, dont la moitié de blé.

Cette situation est très préoccupante parce qu’elle fragilise dangereusement la sécurité alimentaire de ces pays pauvres et surendettés. Le blé constitue en effet un aliment de base, indispensable à la survie des populations, et les pays qui en importent beaucoup sont forcément les plus touchés quand il y a des pénuries et de fortes hausses de prix, comme en 2007-2008.

Les émeutes de la faim de 2008 en Egypte illustrent bien le phénomène. Dans ce pays qui importe 60% de son blé, les tensions sociales se sont en partie cristallisées autour du pain dont le prix avait explosé en quelques semaines. A tel point que le gouvernement a dû le subventionner et qu’un journaliste a titré « Egypte : les émeutes du pain ».

Parallèlement, la volatilité des prix constitue une difficulté importante pour les agriculteurs de ces pays en développement : quand les prix sont bas, ils ne couvrent bien souvent pas le travail ni même les coûts de production (semences, engrais, etc.), et quand les prix sont à la hausse, la crainte de la prochaine baisse ne permet pas aux petits producteurs de planifier leur activité et d’investir dans leur exploitation.

Entreprises agroalimentaires

Parmi les principaux acteurs du secteur céréalier, on trouve des entreprises agroalimentaires présentes mondialement. A titre d’exemples, Cargill, multinationale américaine, contrôle un quart du commerce mondial de blé, tandis que Nestlé, premier groupe agroalimentaire mondial, développe toujours plus largement sa gamme de produits à base de céréales, en partenariat avec General Mills, lui-même numéro un de la farine aux Etats-Unis.

Tous ces géants représentent un poids financier colossal et des centaines de milliers d’emplois à travers le monde, ce qui leur permet bien souvent d’imposer leurs règles et les met partiellement hors de contrôle des institutions internationales et des Etats.

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